L’Union patronale suisse (UPS) pronostique qu’à long terme, il pourrait manquer près d’un demi-million de travailleurs, et que la situation ne devrait pas s’améliorer au cours des dix prochaines années.

Avec un taux de chômage de 2,2% soit le plus faible depuis 20 ans, tant le secteur secondaire (industrie) que le secteur tertiaire (services) connaissent de grandes contraintes de recrutement.

           Malgré une attractivité toujours plus forte du marché du travail helvétique,  les entreprises investissent considérablement pour attirer et retenir les professionnels qualifiés. La course au recrutement de nouveaux employés s’intensifie puisque la demande dépasse l’offre dans un grand nombre de domaines professionnels.

Le plus grand nombre d’emplois se trouve dans les cantons de Genève, Vaud et Valais, en particulier dans les secteurs suivants : banques et assurances, santé, hôtellerie et restauration (affaires et loisirs), chimie, construction et industries hautement qualifiées telles que l’horlogerie haut de gamme, et biotechnologie.

 

SECTEURS A FORT POTENTIEL DE RECRUTEMENT

EN SUISSE EN 2023

          Le secteur de la santé et du social est en constante évolution en Suisse avec des besoins croissants en personnel qualifié pour faire face au vieillissement de la population. Les métiers les plus recherchés dans ce secteur sont les médecins, les infirmiers, les travailleurs sociaux et les thérapeutes.

La chimie , la pharmacie,  la biotechnologie.

           Le ecteur de la chimie et de la pharmacie est l’un des plus dynamiques en Suisse, avec de nombreuses entreprises de renommée internationale qui ont des besoins croissants en personnel qualifié, notamment dans les domaines de la recherche et du développement, de la production et de la gestion de projets. Les métiers les plus recherchés dans ce secteur sont les ingénieurs chimistes, les chercheurs, les techniciens de laboratoire et les chefs de projet.

INVESTPRO, UN PROGRAMME

AMBITIEUX POUR BOOSTER

LE SECTEUR DE LA SANTE

          Le Conseil d’Etat vaudois a élaboré “un plan d’envergure” pour répondre aux défis posés par la pénurie du personnel de santé et des soins infirmiers. Le programme InvestPro sera basé sur la formation, la promotion des professions du domaine et la fidélisation. Une demande de 46,8 millions sera soumise au Grand Conseil.

        L’évolution démographique, le vieillissement de la population ainsi que l’augmentation des maladies chroniques entraînent une hausse des besoins en personnel de santé. Certains secteurs souffrent déjà d’un phénomène de pénurie qui devrait s’aggraver ces 15-20 prochaines années, a déclaré Rebecca Ruiz, la cheffe du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS) lundi devant la presse à Lausanne.

      Selon l’Observatoire suisse de la santé, il devrait ainsi manquer de 2000 à

2500 infirmiers et infirmières dans le canton d’ici 2030, ainsi qu’environ 500 assistants en soins communau-

taires (ASSC), a poursuivi son collègue Frédéric Borloz, le chef du Département de l’enseignement et la formation professionnelle (DEF).

          En Suisse, plus de 30% des infirmiers ou infirmières quittent la profession avant 35 ans en raison notamment de la pénibilité, a-t-il rappelé. “L’enjeu est prioritaire. La pénurie, qui dépasse largement les frontières du canton et de la Suisse, exige de prendre des mesures rapides, à l’instar des mesures prises par le Valais.”

METTRE L’ACCENT SUR LA FORMATION

          Le DEF et DSAS ont donc développé un programme ambitieux avec les partenaires du terrain, a déclaré Rebecca Ruiz. InvestPro se veut une réponse à différents objets parlementaires cantonaux et à l’initiative fédérale “Pour des soins infirmiers forts”, acceptée en 2021, qui entrera en vigueur dès l’été prochain.

       Trois axes prioritaires ont été identifiés, parmi lesquels la formation. “Quelque 300 infirmiers et infirmières sont formés chaque année dans les différentes écoles du canton. Nous souhaiterions passer à 450”, a détaillé Frédéric Borloz.

Le soutien aux étudiants en difficultés financières va passer de 400 francs à 1200 francs par mois. Un effort sera également conduit en faveur de toute une série d’autres formations (ASSC, assistants socio-éducatifs, médicaux, laborantins, etc.). Un soin particulier sera également apporté à la formation continue et aux possibilités de reconversion.

                             REVALORISER ET FIDELISER

             Le deuxième axe vise à attirer davantage de monde vers les professions des soins, de santé et du socio-éducatif. Des actions seront notamment menées dans les écoles.

Le chapitre trois d’Investpro vise à améliorer les conditions de travail et à soutenir une meilleure conciliation entre vie privée et professionnelle. Par exemple avec des congés supplémentaires pour compenser les horaires contraignants ou avec une annonce des plannings suffisamment à l’avance.

        La fidélisation passe également par une meilleure reconnaissance du travail, moins de tâches administratives ou encore un bon ratio patient/professionnel. Le canton va encourager les employeurs à aller dans ce sens. Un investissement de 90 millions.

Enfin, l’Etat a pris de mesures en matière de revalorisation salariale, a-t-elle rappelé. Depuis 2019, il a contribué jusqu’à hauteur de 30 millions de francs par an (chiffre 2023) à l’amélioration des salaires versés dans le secteur sanitaire parapublic vaudois (CCT-San). Un financement complémentaire pérenne est proposé par InvestPro.

DE NOUVELLES PISTES DE REFLEXION FACE A

LA PENURIE DE MAIN D’ŒUVRE

            Notre OING, Nouvelle perspective Suisse, mène actuellement une importante réflexion sur l’idée d’un partenariat migratoire, mobilité emploi des professionnels des métiers de sciences de la santé, entre  l’Afrique francophone, la Suisse , et  le Canton de Vaud en particulier, considéré à juste titre comme la Health valley.


            Ce partenariat gagnant – gagnant serait une réelle piste de solution pour la prise en prise du vieillissement et des personnes en situation de dépendance, vivant aussi bien en institution qu’au domicile.

Par ailleurs,  les pays du Sud pourraient bénéficier d’un transfert de technologie, mais surtout d’une possibilité de créer des infrastructures de formation performantes.

          Une autre idée forte que nous développons  est  la création d’un fonds solidaire devant financer la formation des professionnels de santé dans les pays francophones , selon les standards helvétiques et tout ceci en partenariat avec les hôpitaux, les universités, les laboratoires pharmaceutiques et les unités de recherche  et développement de la health valley helvétique.